Accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat un journaliste libéré après plus d’un an de prison sans procès #FreeGbagbo

Posted on mai 4, 2013

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LibertéLe 27 mars 2012,  Ousmane Sy Savané le directeur général du groupe Cyclone,  qui publie plusieurs journaux privés en Côte d’ivoire était  arrêté  à Abidjan par la police politique ivoirienne, la DST (direction de la sécurité du territoire). Quelques mois  plus tard, il sera accusé en direct tv  d’atteinte la sûreté de l’État par Ahmed Bakayoko titulaire du portefeuille de l’intérieur.Les preuves contre Sy Savané?  Un  document de proposition de stratégie de communication, rédigé en juin 2011, deux mois après l’arrestation du président Gbagbo et qui devait servir à restaurer l’image du président Gbagbo. « Cette preuve » et d’autres montages seront servis aux  aux ivoiriens le 12 juin 2012.

Conscient de la vacuité du dossier d’accusation, le gouvernement d’Alassane Ouattara n’aura même pas le courage de le porter devant un juge. Comment pouvait-il en etre autrement lorsque M. Bakayoko lui même devant les télé-caméras déclarait  que  l’objectif dudit  document  était de «noircir l’image du président Alassane Ouattara, dire qu’il ne travaille pas bien, dire que tout est cher, que l’argent ne circule pas, que le PR Gbagbo était aimé, utiliser l’image de la maman du chef pour choquer la sensibilité  de la cible, etc.» . Décidément trop peu pour accuser un journaliste d’atteinte à la sûreté de l’État. Ces accusations ressemblaient plutôt à s’y méprendre à une tentative de baillonnement de la presse privée.

Une autre curiosité dans cette affaire  sera la timidité observée de la part des organisations dites des droits des journalistes RSF en tête, dans la défense de leur confrère . Devant une violation aussi criarde des droits d’un journaliste, ces organisations n’ont jamais protesté de façon convaincante contre le régime Ouattara. Juste quelques communiqués . Aucune manifestation comme ce fut le cas pour des confrères de Sy Savané détenus par exemple en Iran. L’impression que les confrères ivoiriens et africains de Sy Savané  eurent durant toute cette période, est que les organisations de défense du droit de la presse défendent les intérêts occidentaux, pas les journalistes. Le régime Ouattara ayant été installé grâce à des bombes françaises et onusiennes, dénoncer de façon trop tapageuse cette violation des droits d’un journaliste, aurait nuit aux intérêts de l’occident. Il valait mieux  parler des journalistes détenus en Iran.

Maintenant qu’Ousman Sy Savané a été libéré, la question que l’on se pose est de savoir ce qu’il en sera de ses coaccusés.  Après un an sans procès Ousman Sy Savané  été libéré comme par hasard le 03 Mai, Journée mondiale de la Liberté de la Presse, sans doute une autre opération de communication, mais l’on a vite oublié que d’autres furent accusés comme  lui d’atteinte à la  sûreté de l’État. Qu’en est il d’eux? Les preuves étalées par Ahmed Bakayoko durant son fameux ONE MAN SHOW s’avèrent n’ être aujourd’hui que de la paperasse pour assouvir les pulsions vengeresses des partisans d’Alassane Ouattara.

Un an de prison, sans procès, sans explication, juste pour le plaisir de bâillonner la presse privée… Bienvenu en Côte d’Ivoire

ACC- Côte d’Ivoire

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