Visite de Soro dans le Gôh, beaucoup de bruits pour rien #Mali #Sunu2012 #RDC #M23

Posted on août 19, 2013

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Mais qu’est donc allé faire Guillaume Soro dans la région du Gôh? Que voulait il prouver? Certes le pouvoir qu’il exerce par la force des armes d’autrui l’autorise à aller pour le moment où il veut en Côte d’Ivoire, mais au terme de cette visite touristique, de quels acquis peut se prévaloir Guillaume Soro ? En observant et entendant Guillaume Soro durant son safari politique, l’on a eu l’impression d’avoir à faire à ces félins qui urinent afin de marquer leur territoire. M. Soro par exemple n’a cessé de narguer les pauvres populations meurtries de la région du Gôh en déversant sa bile sur ces ivoiriens qui ne demandaient pourtant qu’à métaboliser en paix la douleur liée aux mauvais traitements à eux infligés par les rebelles de Ouattara et Soro depuis le déclenchement en 2002 de leur rébellion sponsorisée par la France.

 

A certains moments en écoutant Guillaume Soro, l’on avait l’impression d’avoir à faire à un homme souffrant de dédoublement de la personnalité. Tour à tour, on l’a ainsi entendu demander pardon, ensuite menacer, avant de se présenter comme le réconciliateur dont la Côte d’Ivoire aurait besoin. Le bourreau du président Gbagbo s’est même présenté comme cette bonne âme qui sauva la vie à Laurent Gbagbo pendant et après la crise post-électorale, avant de lui « offrir » sa maison comme cellule durant son séjour carcéral à Korogho. Si l’on s’en tient aux conclusions des médecins de la CPI, c’est donc à Guillaume Soro que les avocats et les partisans de Laurent Gbagbo devraient demander des comptes. Les médecins qui examinèrent Laurent Gbagbo à la Haye, arrivèrent en effet à la conclusion selon laquelle les conditions carcérales de l’otage Gbagbo pouvaient être assimilées à la torture. Voici par exemple ce qu’écrivait en mai 2012 LE NOUVEAU COURRIER concernant l’incarcération du président Gbagbo.

 

[Au cours de cette détention arbitraire, le Président Gbagbo fut victime quotidiennement de mauvais traitements et d’actes de tortures. Enfermé dans une chambre de trois mètres sur trois, sans pouvoir faire le moindre exercice, sans pouvoir même marcher à l’extérieur de la maison, peu nourri et surtout ne disposant pas des médicaments nécessaires au traitement de ses pathologies, le Président Gbagbo s’affaiblit rapidement (Cf. annexes 6 et 7). Au bout de quelques semaines, il est méconnaissable et ne peut plus se déplacer sans aide. Malgré les demandes de son médecin, ses geôliers refusent de le soigner de manière décente et même de le faire examiner dans un environnement hospitalier. A ce régime, ayant pour objectif de l’épuiser physiquement et moralement, s’ajoutent les pressions psychologiques : pendant les huit mois de sa détention, il lui est interdit de communiquer avec les membres de sa famille et avec ses Avocats, lesquels ne peuvent lui rendre visite qu’à de très rares reprises et après avoir surmonté de très grandes difficultés (Cf. Infra 2.1.2). L’état de santé du Président se dégrade à tel point que, d’après les quelques rares visiteurs et d’après son médecin – lui aussi enfermé de manière arbitraire – la situation devient, à partir du mois d’octobre 2011, critique. Le médecin expert, mandaté par la défense peu de temps après l’arrivée du Président Gbagbo à La Haye, précise dans son rapport du 31 mars 2012 que les conditions de détention du Président Gbagbo «doivent être considérées comme une forme de mauvais traitement aussi sérieux que des abus physiques et la torture». Il précise : «l’isolement est habituellement utilisé pour casser les prisonniers».(Cf. annexe . Il ajoute que l’état de santé préoccupant du Président Gbagbo résulte d’un traitement de ce qui «doit être regardé comme des mauvais traitements et même comme de la torture». Le mauvais état de santé actuel du Président Gbagbo résulte d’après lui de ces tortures et révèle typiquement un «syndrome de l’hospitalisation». Il précise : «Les problèmes médicaux actuels du Président Gbagbo proviennent des conditions inhumaines de sa détention». ]

 

Nous remercions donc Guillaume Soro pour cette générosité envers le président Gbagbo, et lui demandons pardon au nom de tous les natifs de la région du Gôh qui souffrent encore des conséquences de sa rébellion.

 

ACC- Côte d’Ivoire

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