Même les hyènes pleurent. Les larmes de Soro Guillaume.

Posted on novembre 27, 2013

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Soro et Konaté

Guillaume Soro (à gauche) et Me Konaté

Nous n’avions pas encore fini de nous émerveiller devant le spectacle que la ville d’Abidjan nous offre ces derniers jours (des inondations inédites durant le mois de novembre) qu’un autre épisode tout aussi extraordinaire a attiré notre attention.

En effet, la mort tragique de Me Konaté Fakhy qui selon Soro Guillaume était son mentor depuis 2000, nous a permis d’admirer un autre spectacle tout aussi extraordinaire que les inondations à Abidjan en plein mois de novembre: Soro Guillaume qui pleure la mort d’un être humain.

Dans une lettre qui arracherait des larmes à l’homme le plus endurci de cette terre, Soro Guillaume relate son parcours depuis 2000 avec celui qui fut tour à tour son conseiller dans la clandestinité, son rédacteur de discours, ses oreilles dans le gouvernement Seydou Diarra, son conseiller spécial alors qu’il était premier ministre, pour finir secrétaire général de l’assemblée nationale ivoirienne une fois Soro Guillaume installé à la tête de cette institution.

Une fois fait abstraction du coté émotif de cette ode au mort, nous découvrons des informations fondamentales sur la crise ivoirienne. L’on apprend ainsi que déjà en 2000 (année où Me Konaté Fakhy devint conseiller dans la clandestinité de Soro Guillaume) le plan de déstabilisation de la Côte d’Ivoire était en marche. Ceci explique sans doute l’assassinat de Robert Guei en 2002 une fois que le plan entra dans sa phase active, et le refus de toute solution pacifique de la part des rebelles de Soro Guillaume et d’Alassane Ouattara. Il fallait prendre le pouvoir quoiqu’il en coutasse. Devant la perspective que la rébellion dont Me Konaté Fakhy fut l’un des véritables cerveaux aurait engendré la mort de milliers d’ivoiriens, Soro Guillaume ne recula pas. Il n’a D’ailleurs sans doute jamais regretté ou versé une larme pour pleurer ces hommes, femmes et enfants massacrés par ses hommes. Mais pendant que son mentor agonisait, voici comment Soro raconte son état d’esprit:

De Phnom Penh, j’ai lancé dans un cri strident une supplication à Dieu. «Bon Dieu, si tu m’aimes, sauve Fakhy ! Fasse que cette fois il vive afin que je voie ta manifestation ! » Mais hélas, 15 mn plus tard M. Daho m’annonçait la plus terrifiante et la plus douloureuse nouvelle qui soit.

Nous sommes heureux de découvrir que Soro Guillaume lui aussi prie, un peu perplexes devant la réponse que cette prière a reçu, nous ne pouvons que rappeler à tous ceux qui continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire et l’Afrique au nom d’intérêts égoïstes, que tôt ou tard ils comparaitrons devant un tribunal qui n’est pas de ce monde pour répondre de leurs actes. Devant ces juges impartiaux où Me Konaté Fakhy est sans doute déjà entrain de préparer sa plaidoirie, les larmes de crocodile ne serviront pas à grand chose. Au suivant….

ACC- Côte d’Ivoire
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