Le jeu obscur de la France en Centrafrique: La RDC prochaine destination des rebelles de la Seleka

Posted on décembre 21, 2013

0


Centrafrique & RDC carte

La république centrafricaine et la RDC partagent une longue frontière

Lorsque la seleka sous la conduite de l’UFDR d’un certain Michel Djotodia voit le jour en décembre 2012, la Centrafrique n’est certes pas le paradis sur terre, mais les différentes ethnies y convivent pacifiquement. La nouvelle rébellion formée pour la majorité de tchadiens et soudanais de religion musulmane va très vite changer les choses, en s’appuyant sur des musulmans centrafricains. On commence à parler de premiers massacres de chrétiens et animistes centrafricains de la part de la seleka. Bizarrement, la France de François Hollande prend fait et cause pour la rébellion, et l’on découvre en parcourant par exemple le profil facebook de Ndjadder Nelson l’un des chefs de la SELEKA une photo de ce dernier avec l’ex ambassadeur de France en Côte d’Ivoire Jean Marc Simon. La photo fut prise un mois avant le déclenchement de la rébellion de la SELEKA. Jean Marc Simon , pour ceux qui ne le connaissent pas, alors qu’il était ambassadeur à Abidjan, joua un rôle primordial lors du coup d’État contre Laurent Gbagbo. La complicité entre la SELEKA et la France va se confirmer lorsque la France, malgré la violation des accords de paix de Libreville par la SELEKA, et malgré l’existence d’accords de paix entre la république centrafricaine et Paris, refusera d’appuyer les troupes sud-africaines alors présentes en Centrafrique afin d’empêcher que la SELEKA ne prenne le pouvoir en mars 2013. Pire, les troupes tchadiennes, alliées de Paris au Mali, combattront aux cotés des rebelles de la SELEKA .

ndjadder & simon

L’ancien ambassadeur français en Cote d’Ivoire Jean Marc Simon Et Ndjadder Nelson l’un des chefs de la SELEKA en novembre 2012.

Une fois au pouvoir, les massacres contre les chrétiens et animistes centrafricains vont s’accentuer. Des villages entiers sont rasés. Les soldats de la SELEKA, toujours appuyés par l’armée tchadienne présente en centrafrique dans le cadre de la FOMAC vont se livrer à ce qui ressemble à un véritable génocide, comme s’il fallait à tout prix faire pourrir la situation de façon à justifier une intervention internationale, française en particulier. Et que dire de cette offensive générale lancée on ne sait par qui,   à quelques heures de la décision de l’ONU sur une intervention en Centrafrique? Alfred Hitchcock n’aurait pas pu faire mieux.

Peut on à ce niveau faire confiance à la France? Et si tout le conflit centrafricain avait été piloté pour préparer une autre guerre beaucoup plus rentable? L’on est en effet en droit de se demander ce qu’il adviendra des rebelles de la SELEKA qui se font désarmer en ce moment par leurs alliés français. Aucun plan de réinsertion n’a été discuté pour le moment, tout le monde parle de désarmement sans dire ce qu’il en sera de ces rebelles pour la plupart non centrafricains. Et les regards se tournent naturellement vers la RDC. L’on se rappelle en effet de l’opération française “Turquoise” au Rwanda qui, en aidant les hutu à massacrer les tutsi rwandais, engendra la guerre à l’Est du Congo. Et si toutes ces manœuvres que l’on observe aujourd’hui en Centrafrique n’avaient pour but ultime que celui d’ouvrir un nouveau front au  nord de la très riche république démocratique du Congo? Le contrôle du Congo par la France permettrait à cette dernière non seulement de faire main basse sur les richesses du pays, mais aussi de contrôler le carrefour de l’Afrique. En contrôlant la RDC, la France pourrait avec l’aide de ses alliés attaquer l’Afrique Australe, la région africaine la plus hostile aux velléités  impérialistes occidentales.

TURQUOISE-SANGARIS

L’opération Sangaris doit désarmer les milices…. comme l’opération Turquoise au Rwanda qui se termina par un génocide au Rwanda, et la guerre civile en RDC.

Lorsque demain nous entendrons que les rebelles centrafricains de la SELEKA en fuite se sont infiltrés en RDC, ne cherchons pas longtemps les responsables de cette nouvelle guerre.

ACC – Côte d’Ivoire
Publicités