Financements européens pour les missions de colonisation de l’Afrique par la France, Angela Merkel se rebelle.

Posted on décembre 25, 2013

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Angela Merkel veut changer la donne.

La dernière sortie d’Angela Merkel à propos de la guerre en Centrafrique, a mis en évidence la gêne qu’éprouvent de plus en plus certains partenaires européens de la France lorsqu’il s’agit d’envoyer leurs troupes en Afrique ou financer des opérations dont les retombées ne profitent qu’à Paris. Dans un langage diplomatique mais sans équivoque possible, Angela Merkel a dit tout haut ce que pensent tout bas plusieurs gouvernements européens. S’exprimant à propos de l’aide demandée par Paris aux européens sur l’intervention en république centrafricaine, Angela Merkel a déclaré:

“Nous ne pouvons pas financer une opération militaire dans laquelle nous n’avons pas eu notre mot à dire.

 La Chancelière allemande veut donc désormais être impliquée non seulement dans la planification des missions de “paix” en Afrique francophone, mais aussi et surtout dans la gestion des retombées post-crise. Il faut dire en effet que suivant le modelè américain, la France a pris l’habitude de mettre devant le fait accompli ses partenaires européens. Tout commence généralement lorsque Paris selon ses intérêts décide de faire une guerre dans l’une de ses colonies. L’étape suivante consiste à rédiger une résolution que les autorités françaises font ensuite voter à l’ONU. Ce n’est qu’à ce niveau que sous  couvert d’action humanitaire, les partenaires européens sont conviés à contribuer militairement ou financièrement au bon déroulement de l’opération de conquête. Par “solidarité”, ces États avaient jusqu’à présent mis la main dans la poche sans broncher et s’étaient contentés d’accepter les miettes du gâteau que leur offrait la France dans les pays passés sous son contrôle. Les derniers exemples en date étant la Côte d’Ivoire, le Mali et peut être bientôt la Centrafrique.Mais voilà, la France ce n’est pas les États-Unis d’amérique, qui grâce à leur suprématie économique et militaire peuvent imposer des décisions aux partenaires de l’OTAN.  En ouvrant la boite de pandore, Angela Merkel veut faire comprendre à Paris que l’époque de la guerre froide durant laquelle l’Allemagne était soumise à la France est révolue, et que la France avant de se lancer dans ses conquêtes si elle souhaite le soutien des européens, devra désormais prendre en considération un certain nombre d’aspects.

 Sur le plan éthique d’abord. L’Allemagne et les autres pays européens ne peuvent plus continuer indéfiniment d’avaliser des opération qui de toute évidence n’ont rien à voir avec des actions humanitaires. Paris ne peut pas continuer seule de planifier des actions de déstabilisation de l’Afrique pour préserver ses intérêts, et ensuite demander que d’autres cassent leur tirelire, surtout qu’après chaque conquête, ce sont les multinationales françaises (Areva, Total, Bnp Paribas, Bolloré) organisées en véritable cartel qui tirent seules des bénéfices de ces guerres. Un exemple parmi tant d’autres: il est difficile de voir en Afrique Francophone une banque qui ne soit pas la filiale d’une banque française. Même discours en ce qui concerne la gestion des ports, chasse gardée en Afrique Francophone du groupe Bolloré. L’on pourrait aussi parler de l’exploitation des matières premières etc etc. Les entreprises allemandes et européennes à travers les taxes et impôts pouvaient-elles logiquement continuer à soutenir des opérations qui   ne favorisent que leurs concurrents directs français?

 L’autre problème majeur qui oppose la France à l’Allemagne c’est celui du contrôle des caisses publiques nationales par une structure qui dépende de l’union européenne. L’Allemagne est favorable à ce contrôle, tandis que les autorités françaises s’y sont toujours opposées. L’enjeu ici serait de vérifier l’apport réel des pays africains sous influence française, dans l’approvisionnement en liquidité et fonds des caisses des entreprises et de  l’État français. Vu de Berlin, l’on a en effet l’impression que la France soit une twingo qui va à la vitesse d’une Bmw, et cette économie dopée à l’élixir colonial, en même temps qu’elle fausse la concurrence au niveau européen, constitue selon les autorités allemandes un véritable danger pour toute la zone euro. Si les crises économiques en  Grèce et au  Portugal ont en effet menacé l’existence même de l’union européenne, qu’adviendrait il , si la France, considérée la seconde économie de l’Union venait à faillir?

Cette première sortie d’Angela Merkel passée sous silence en France, est à prendre très au sérieux, car si les partenaires européens de la France, la lâchent, il est très probable que dans les prochaines années, la politique agressive de Paris vis à vis de ses possessions africaines change de façon radicale.

ACC – Côte d’Ivoire

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