Le petit Samuel d’un an privé de ses parents enlevés par la police politique

Posted on janvier 20, 2014

1


La famille Ourigou.

Abidjan -Côte d’Ivoire- Il pleure, il pleure encore et encore, le petit Samuel O.D. Le bébé d’un an, 5 mois ne sait pas ce qui lui arrive. Et il refuse la garde subite des soeurs de sa mère et celle des soeurs de son père. Il a même «perdu quelques kilos», murmure quelqu’un. Autour de lui, les parents des deux familles écrasent discrètement des larmes.

Au-delà du cas du bébé désormais sans mère ni père, tous s’inquiètent de la situation que vivent fatalement les deux familles depuis la fin de l’année 2013. La mère de Samuel a été jetée à la Maca, le bébé lui-même a été abandonné à la Dst, avant d’être récupéré. Mais c’est beaucoup plus grave pour son géniteur, le lieutenant Ourigou Bawa Félicien. «Nous sommes sans nouvelle du lieutenant depuis le 25 décembre 2013», affirme un membre de la famille.

Pour comprendre le drame de la famille du lieutenant, il convient de remonter au 22 décembre 2013. Ce jour-là, dans la commune d’Abobo, au quartier Avocatier, près du dépôt 9 de la Sotra, Dame Bahi Anastasie a été enlevée avec son bébé d’un an. Ils ont été conduits à la Dst. Trois jour plus tard, soit le 25 décembre, son mari, un ancien des Fds, a été appréhendé. Selon les premières informations données aux beaux-parents, le lieutenant s’est rendu parce que sa femme et son fils étaient aux mains des forces pro-Ouattara. Cependant, bien que Bawa Félicien ait été arrêté, sa femme a été jetée à la Maca sous plusieurs chefs d’accusation aussi bien fallacieuses que fantaisistes. La dame serait poursuivie pour détournement, vol d’enfant et tentative de déstabilisation -un classique-. En ce qui concerne le lieutenant, personne, ni les beaux parents ni les frères et soeurs n’ont de nouvelle de lui. «Nous craignons pour la vie de notre frère», disent-ils.

Concernant les informations relatives à l’arrestation de l’élément des Fds, ses parents ne croient plus à la première version selon laquelle il s’est rendu. «Sinon pourquoi nous n’avons aucune nouvelle de lui et personne ne veut nous informer ?». De sources concordantes, ceux qui ont interrogé la femme ont dû lui extorquer des informations pour arrêter le lieutenant qui, depuis l’éclatement de la crise, était caché. Résultat, on est en face d’une situation inimaginable de violations de droits humains de toute une famille : les droits d’un bébé abusivement privé de la garde de sa mère, d’une mère arrachée à son fils et jetée en prison malgré les pleurs de l’enfant, d’un père enlevé pour une destination inconnue et dont les parents sont privés de nouvelle. Et ça, c’est le propre du régime Ouattara, une personnalité à la culture apparemment occidentale, mais dont le réflexe prononcé de négateur des droits humains va grandissant.

Armand Bohui -NOTRE VOIE-
Bohuiarmand@yahoo.fr

Publicités